Préparer sa retraite lorsque l’on est indépendant demande d’anticiper, de structurer et de diversifier son épargne. Plus encore que les salariés, les Travailleurs Non-Salariés (TNS) doivent anticiper leur retraite et construire eux-mêmes une grande partie de leurs futurs revenus. Les régimes obligatoires constituent une base mais ils restent souvent insuffisants pour maintenir son niveau de vie lors du passage à la retraite.
Le socle obligatoire : une base souvent insuffisante
En tant que profession libérale, chef d’entreprise, artisan, commerçant ou micro-entrepreneurs, vous cotisez à un régime de retraite de base ainsi qu’à un régime complémentaire (SSI, CIPAV, CNBF, CARMF, CARPIMKO, …) selon votre profession.
Ces régimes vous permettent de valider des trimestres (dans la limite de quatre par an) et d’acquérir des droits à la retraite en fonction de vos revenus déclarés.
Cependant, plusieurs limites doivent être prises en compte :
- Des revenus parfois irréguliers qui impactent directement les droits acquis ;
- Des plafonds de chiffre d’affaires ou de résultat qui peuvent limiter la constitution de droits ;
- Une pension souvent inférieure aux attentes.
En pratique, ce socle assure une retraite minimale mais rarement suffisante pour maintenir son niveau de vie. Il est donc indispensable de mettre en place une stratégie d’épargne complémentaire.
Le plan d’épargne retraite (PER) : la solution centrale pour les Travailleurs Non-Salariés (TNS)
Depuis la loi Pacte, le plan d’épargne retraite (PER) individuel est devenu l’outil principal pour préparer sa retraite.
Il permet de se constituer une épargne dédiée tout en bénéficiant d’un levier fiscal immédiat.
Un avantage fiscal à l’entrée
Les versements effectués sur un PER peuvent relever de deux logiques fiscales :
- Une fiscalité « Madelin » : les versements sont déductibles du bénéfice professionnel dans des limites spécifiques ce qui nécessite une analyse personnalisée.
- Une fiscalité « Fillon » : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plus élevé entre 10 % des revenus professionnels (plafonnés) ou 10 % du PASS (ce montant est indiqué sur votre avis d’imposition).
Ce mécanisme permet de réduire immédiatement la charge fiscale, particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.
Des compartiments issus de différents dispositifs
Un point souvent méconnu : un PER peut accueillir des fonds provenant de différents dispositifs notamment :
- Des versements volontaires (nouveaux apports) ;
- Des transferts d’anciens contrats retraite comme les contrats Madelin, PERP, PREFON, … ;
- Des dispositifs d’épargne salariale et retraite pour certains profils (PERCO, PERO, Article 83, …).
La différence se situe principalement dans l’origine des fonds et dans certaines règles fiscales.
Par exemple :
- Les anciens contrats Madelin imposaient une sortie uniquement en rente ;
- Le PER permet aujourd’hui une sortie en capital, en rente ou un mixte des deux.
Ainsi, transférer un ancien contrat vers un PER peut offrir davantage de souplesse mais cela doit être étudié au cas par cas.

Une épargne investie et accompagnée
Les sommes versées sur un PER ne restent pas sur un compte inactif : elles sont investies sur différents supports financiers (fonds en euro ou eurocroissance, unités de comptes, supports immobiliers, …).
La performance dépend directement des choix d’investissements réalisés. C’est un point essentiel : la construction de votre allocation doit être adaptée à votre horizon de retraite, votre profil de risque et votre situation professionnelle.
Nous accompagnons nos clients dans le choix de ces supports afin de construire une stratégie cohérente, évolutive et adaptée dans le temps, notamment via des solutions de gestion pilotée ou personnalisée.
Une grande souplesse à la sortie
À la retraite, le PER permet plusieurs options :
- Sortie en capital (en une ou plusieurs fois) ;
- Sortie en rente ;
- Ou combinaison des deux.
Des cas de déblocage anticipé sont également prévus, notamment pour :
- L’acquisition de la résidence principale ;
- L’invalidité ;
- Le décès du conjoint ;
- Le surendettement ;
- La cessation d’activité.
Contrairement à l’ancien Madelin, il n’y a pas de contrainte de versement minimum : vous pouvez adapter vos efforts d’épargne en fonction de votre activité.
À noter : les anciens contrats Madelin ne sont plus commercialisés aujourd’hui, mais ils peuvent toujours exister et être transférés vers un PER selon les situations.
Les solutions complémentaires pour conserver de la flexibilité
Construire sa retraite ne consiste pas uniquement à alimenter un PER. Une stratégie efficace repose généralement sur la complémentarité entre épargne bloquée (retraite) et épargne disponible.
L’assurance vie : un pilier incontournable
L’assurance vie est une enveloppe particulièrement souple :
- Les retraits sont possibles à tout moment ;
- La fiscalité des plus-values devient avantageuse huit ans après l’ouverture ;
- Elle constitue un excellent outil de transmission.
Elle permet également de diversifier les investissements (fonds sécurisés, supports dynamiques, immobiliers) et de mettre en place des revenus complémentaires à la retraite via des rachats partiels programmés.
PEA et compte-titres : rechercher de la performance
Pour les Travailleurs Non-Salariés ayant un horizon long terme, le PEA et le compte-titres permettent d’investir sur les marchés financiers.
- Le PEA offre une fiscalité avantageuse après cinq ans ;
- Le compte-titres reste totalement flexible.
Ces supports sont adaptés pour dynamiser une partie du patrimoine, en acceptant une certaine volatilité.
L’immobilier : générer des revenus complémentaires
L’investissement immobilier (en direct ou via des SCPI) permet de percevoir des revenus réguliers et de diversifier son patrimoine.
Il convient néanmoins d’intégrer les contraintes :
- Moindre liquidité ;
- Cyclicité du marché ;
- Besoin de financement et de gestion.

Comment structurer sa stratégie retraite ?
Trois critères principaux doivent guider vos choix :
Votre niveau d’imposition
Si votre tranche d’imposition est élevée, le PER permet de réduire efficacement votre charge fiscale dès aujourd’hui.
Votre besoin de liquidité
Si vous avez des investissements prévus à moyen terme (achat immobilier, développement de votre activité, …), il est essentiel de conserver une épargne disponible via l’assurance vie ou d’autres supports.
Votre objectif de sortie
Souhaitez-vous un capital disponible ou un revenu régulier à la retraite ?
Le PER offre aujourd’hui une flexibilité que les anciens dispositifs ne permettaient pas, notamment par la possibilité de sortie en capital.
Repères pratiques à connaître
- Le plafond épargne retraite figure sur votre avis d’imposition et inclut les plafonds non utilisés des 3 dernières années. Avec la loi de finances de 2026, ce sera les 5 dernières années à terme ;
- Les règles de déblocage anticipé sont strictement encadrées ;
- La performance dépend des supports choisis et de l’allocation d’actifs.
Une gestion évolutive, adaptée à votre horizon de retraite, permet de sécuriser progressivement votre épargne.
Conclusion
Pour un Travailleur Non-Salarié (TNS), préparer sa retraite repose sur une stratégie globale et cohérente. Le PER constitue aujourd’hui un outil central grâce à son levier fiscal et sa souplesse, mais il doit être complété par des solutions plus liquides comme l’assurance vie ou les placements financiers.
Les anciens contrats Madelin peuvent encore présenter un intérêt dans certains cas mais ils doivent être analysés avec attention, notamment avant une logique de transfert vers un PER.
Vous souhaitez mettre en place une stratégie retraite adaptée à votre situation, optimiser la répartition entre PER/autres placements et être accompagné dans le choix des supports d’investissement ?
Vincent et Jean-Luc, vos agents généraux AXA Prévoyance et Patrimoine, sont à votre disposition pour réaliser un bilan complet et vous proposer des solutions personnalisées.


